En cette période de vacances scolaires, pas de braderie, pas de cours ni de réunions scoutes à la MDJ, de fête ou de carrefour-débat au Centre 72 mais il y a des cultes, oui, et même des groupes de partage pendant le Carême (cf. épître de la semaine dernière et d’ailleurs vous pouvez encore rejoindre un groupe).
Oui, c’est la première semaine du Carême, temps de préparation de Pâques, d’approfondissement de notre foi en vue de vivre la résurrection de Jésus.
Qui dit Carême dit aussi souvent jeûner ; pour nous éclairer sur ce mot, notre pasteure Gwenaël nous a parlé du jeûne au culte du 8 février ( https://asnieres-boiscolombes.epudf.org/actualites/predications/le-jeune/ ), elle a un peu déblayé son sens et rétabli ce que Dieu attend par ce mot, à partir du texte d’Ésaïe 58.1-10.
Reprenons un peu ces messages.
Jeûner, ce n’est pas ce que nous entendons, des actes de privation dans un face-à-face avec moi- même. Il s’agit plutôt de faire actes de libération (éliminer les chaînes qui nous entravent ou qui entravent les autres) et de relations humaines (se débarrasser de ce qui détruit nos liens).
Briser les jougs de toutes sortes, les chaînes, c’est identifier les nôtres (orgueil, dénigrement,
culpabilité, sentiment d’impuissance, égoïsme, indifférence, paresse…), et ceux des autres (faim, froid, solitude, précarités…).
Nous souvenir des libérations vécues nous dynamise dans cette démarche ; la relecture de vie, c’est du carburant (renouvelable) pour activer le partage, la justice.
Jeûner c’est donc plutôt partager, en laissant Jésus faire comme lors de la multiplication des pains. Nous pouvons écarter la peur de manquer, car rappelons-nous, il reste toujours des paniers de rab’ ! C’est dans ce mouvement vers l’autre, dans ce partage, que Dieu se révèle, que nous nous sentons plus vivants, c’est la Vie avec un grand V.
Ce jeûne nous rend capables de changer le monde. Découvrons ce témoignage lu dans La boussole : https://fep.asso.fr/wp-content/uploads/2026/02/FEP-La-Boussole-VII-6.pdf
Le thème est : qu’est-ce qui va bien dans le monde ?
Je peux changer un monde.
Si nous regardons le monde de manière macroscopique, alors le mal est plus visible que le bien. Il y a quelques jours, un peuple qui s’est révolté pour revendiquer sa liberté s’est fait massacrer d’une manière abominable qui a laissé sans voix les témoins de cette tragédie, impuissants devant ce monde à la dérive. Qu’est-ce qui va bien dans ce monde ? Rien. Mais je peux aussi observer le monde de manière microscopique. Je peux voir des visages, des solidarités, des choix éthiques modestes mais quotidiens, des actes de soin. M’attacher ainsi aux micro-résistances ne change pas le monde mais change un monde, celui de quelqu’un. Le risque serait d’opposer le regard macroscopique, lucide, à un regard microscopique, naïf. L’un présente et explicite des structures qu’il décline en cartes, chiffres et statistiques et l’autre montre des possibilités qui s’attachent aux gestes et aux relations concrètes. Dès lors nous pourrions dire que le monde vu de loin est inquiétant et que celui vu de près est habitable ou, autrement dit, que le désespoir est une vision sans visage mais que l’espérance naît quand un visage apparaît. »
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban
Bon début de Carême !