« Faire la balance » des voix de notre vie
A la suite du précédent épître sur le jeûne et le Carême, poursuivons notre cheminement sur le jeûne… Il peut commencer par une prise de conscience de la surabondance cultivée dans notre société et dans notre vie ; je suis alors invité.e à rechercher un équilibre entre le soin raisonnable (juste et suffisant) de moi-même et le service aux autres.
Le soin raisonnable de soi, l’image de la balance
Un fossé continue de se creuser aujourd’hui dans notre société, entre groupes d’appartenance sociale, de niveau de vie et de convictions. C’est un phénomène connu et exacerbé régulièrement dans les médias où flambent les paroles d’agression, dans les faits divers tragiques aussi. Retrouver de l’échange et du débat apaisé est un enjeu social et politique auquel nous devons être attentifs lors des prochaines élections municipales pour construire et entretenir des passerelles au-dessus de ces fossés.
Sur le plan spirituel, il est proposé aux chrétien.ne.s d’alléger un peu la balance qui pèse de leur côté, celui de leurs proches, de leurs « cercles » … pour la faire pencher davantage du côté des exclu.e.s, des pauvres, des plus souffrant.e.s. Se détacher, se départir, partager, c’est un travail à reprendre en continu. Franchir ce fossé bien installé est une démarche qui a un « coût d’entrée », qui demande un effort au départ car il est habituel de s’y dérober. Il faut alors garder en tête, se souvenir que la récolte qui vient ensuite procure la joie : joie de l’aide apportée, d’un lien nouveau créé, d’une découverte. C’est ce que raconte Jésus aux Pharisiens dans Luc 16, 19-31 : l’homme riche et bien-portant n’a jamais, de toute sa vie, franchi le fossé entre lui, dans sa vie surabondante, et Lazare, l’homme pauvre et malade, dans son dénuement total, sans logement, nourriture, soins ni relations.
Contrebalancer nos équilibres « naturels » pour écouter les voix, souvent silencieuses et discrètes, qui appellent à l’aide.
Prendre soin de soi, l’image de la table de mixage
On peut prendre soin de sa santé par une démarche spirituelle, en se donnant les moyens d’écouter l’Esprit Saint ; pour cela, apprenons à « baisser le son » de toutes les autres voix qui nous en éloignent.
Si ces voix sont des tourments intérieurs : regrets, soucis, peurs, impatiences, nous pouvons les apaiser en les confiant à Dieu. Il nous y invite d’ailleurs : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis car lui-même prend soin de vous » (1 Pierre 5). Ainsi, la voix de l’Esprit Saint sera plus audible et nous pourrons accueillir l’amour de Dieu dans un sentiment de gratitude : « je suis aimé.e, pardonné.e, Dieu veut notre bonheur, Jésus est avec nous dans la barque ».
Si ces voix viennent du monde extérieur (les actualités mondiales par exemple) et créent de l’impuissance et du désespoir, nous pouvons les maîtriser en limitant leur durée et leur impact sur notre mental, en choisissant une approche éclairante et non dramatisée, et privilégier des contenus qui nous rendent acteurs et actrices. Des contenus qui pourront par exemple éclairer nos votes aux élections municipales, un moment fort de ces prochaines semaines ; là aussi, les enjeux sont clés pour le « vivre ensemble » : solidarité, santé et eau potable, transports en commun, espaces verts et zones naturelles, rénovation des bâtiments communaux, repas locaux et sains dans les cantines… Les Colombien.ne.s pourront par exemple écouter les vidéos de toutes et tous les candidat.e.s réalisées par l’association Colombes transition : https://colombestransition.org/elections-2026/
La voix de Dieu nous rassure, nous éclaire et nous envoie dans et pour la vie.
Avec Lui, prenons du temps pour « faire la balance » de notre vie, comme les musicien.ne.s ; un travail personnel e collectif pour éviter les Larsen qui déchirent les tympans, les sons qui écrasent tout le reste… et équilibrer les niveaux des différents instruments et des voix pour que puisse se créer une belle musique !