« Mon message a toujours été le même, promouvoir la paix. (…) Je ne crains ni l’administration Trump, ni la proclamation du message de l’Evangile, car je crois que c’est ma mission, celle de l’Eglise. (…) Je crois au message de l’Evangile en tant qu’artisan de paix. » Léon XIV
Par ces quelques mots le pape remet d’une certaine manière l’Eglise au centre du village-monde. Il le fait avec calme et tranquillité. Sur les images on voit un homme qui parle, qui regarde les journalistes, qui n’en rajoute pas. Son ancrage dans la foi et sa simplicité vont de pair et lui donnent une assise. Il n’en bougera pas. Comme s’il ne pouvait pas faire autrement, dire autrement. Il est là et de sa relation à Dieu, il tire un message de paix : comme une voix qui crie dans le désert.
Face à lui, cette semaine, un président des Etats-Unis qui joue l’invective dans sa quête de puissance. Face à la parole posée qui rappelle l’essentiel de la paix, il se prend pour Jésus et se représente comme tel sur les réseaux sociaux. Sa catéchèse presbytérienne (réformée) s’est éteinte. Tout lui semble permis.
Alors que retiendrons-nous de cette séquence ? La folie d’un « puissant » ou la puissance d’un sage ?
Oser porter l’Evangile aujourd’hui, redire son actualité dans notre temps… voilà, le ministère de l’Eglise quelles que soient son expression et sa confession. Une Bonne Nouvelle qui accueille sans condition et refuse les discriminations, qui construit la paix et rejette la guerre. Une Bonne Nouvelle qui donne confiance aux personnes qui la vivent.
Paul écrivait aux Romains « Rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour donné… aucun pouvoir, aucun combat, aucune force d’en haut ou d’en bas ». Romains 8.39 La lecture de cette lettre fut fondamentale pour l’augustinien Luther. Devant la Diète qui allait le mettre au ban, il refusa de céder avec ces mots « ma conscience est captive de la Parole de Dieu.(…) Je suis-là en ce jour, je ne peux autrement. Que Dieu me soit en aide. »
«Tour de force de l’histoire ou clin d’œil de l’Esprit : l’attitude du pape Léon XIV entre en résonance avec cette « conscience captive » de l’Évangile. Après tout, ce n’est guère surprenant : Léon XIV est, lui aussi, un augustinien.
Peu importe donc l’étiquette, l’Esprit souffle où il veut… Réjouissons-nous dès que nous entendons sa voix.