Dimanche dernier, nous avons vécu le deuxième module du parcours F.E.T.E. « Former une Église de Témoins Ensemble ».
Nous avons commencé par un jeu : retrouver les mots et les phrases manquants dans le texte d’Actes 2,42-47. L’exercice avait quelque chose d’inattendu. Un texte que l’on croit connaître prend un autre relief lorsqu’il faut en reconstituer les silences. Chaque blanc nous oblige à revenir au sens, à nous demander ce que faisaient ces premiers chrétiens, et ce qui donnait sa cohérence à leur vie commune.
Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Ils partageaient leurs biens, prenaient soin de ceux qui étaient dans le besoin, se retrouvaient au Temple et rompaient le pain dans les maisons. Le texte parle de joie, de simplicité et de faveur auprès du peuple. Puis il ajoute que le Seigneur faisait grandir chaque jour la communauté.
La communauté ne commence pas par chercher comment témoigner : elle vit, elle partage, elle prie, elle prend soin. Et ce témoignage, semble-t-il, précède toute stratégie. Quelques versets plus tôt, Pierre avait annoncé la Bonne Nouvelle. Mais Actes 2 nous donne à voir ce que cette parole devient lorsqu’elle prend corps dans une communauté.
Nous avons ensuite cherché à comprendre ce qui distinguait cette Église avant et après la venue de l’Esprit. L’image du corps s’est imposée : une Église vivante est une Église qui respire. Son souffle lui vient de l’Esprit. Encore faut-il qu’elle accepte de se laisser porter par lui. Car recevoir ce souffle, ce n’est pas seulement vivre plus intensément sa foi ; c’est aussi se mettre en mouvement, aller vers les autres et devenir, peu à peu, une Église en mission.
Une autre image nous a aidés à poursuivre la réflexion : celle du prisme.
Dieu est la lumière. La mission est le prisme à travers lequel cette lumière se déploie en une multitude de couleurs. La lumière blanche ne disparaît pas : elle révèle ce qu’elle contient. De même, la mission de Dieu se décline en plusieurs manières de témoigner, qui ne s’opposent pas et ne se confondent pas.
Sept couleurs, donc, pour une même lumière.
Le rouge est celui de l’annonce : proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu.
L’orange évoque les nouveaux départs : vivre en Christ et faire l’expérience de la communion.
Le jaune désigne la vie nouvelle : enseigner, baptiser et accompagner ceux qui commencent à croire.
Le vert nous ramène à la Création et à notre responsabilité envers elle : préserver ce qui nous a été confié, en prendre soin sans nous en croire propriétaires.
Le bleu est celui du soin, de la guérison et du bien-être. Il s’exprime dans le service, l’attention aux besoins humains et spirituels, et l’amour du prochain.
L’indigo renvoie à la vie spirituelle : prier, chanter, louer, méditer.
Le violet, enfin, ouvre une perspective moins attendue : celle du pouvoir et de l’autorité, non pour les exercer à son profit, mais pour contribuer à transformer les structures injustes de la société.
Ces couleurs ne sont pas sept cases dans lesquelles enfermer les membres d’une Église. Elles désignent plutôt sept dimensions possibles du témoignage chrétien.
Et si la première Église n’avait pas cherché à choisir une manière privilégiée de témoigner, mais avait simplement laissé sa foi s’exprimer dans toutes les dimensions de sa vie commune ?
Car le témoignage ne se réduit ni à ce que nous disons ni à ce que nous faisons. Dans chacun de ces domaines, il peut prendre trois formes : la parole, l’action et la manière d’être. Nous témoignons lorsque nous annonçons l’Évangile, lorsque nous le mettons en pratique, mais aussi dans notre façon d’écouter, de patienter, d’accueillir ou de prendre soin. Parfois, notre manière d’être parle avant même que nous ayons ouvert la bouche.
Deux questions ont finalement été posées. Nous les reprenons ici parce qu’elles méritent de nous accompagner au-delà de cette rencontre :
Comment notre communauté peut-elle renforcer la dimension du témoignage dans ces différents domaines ?
Et moi, dans quels domaines puis-je rayonner de l’Évangile ?