L’encyclique Laudato Si’ – Pour la sauvegarde de notre maison commune du pape François, parue en 2015, a été un texte important pour nombre de démarches de conversion écologique, au-delà des catholiques. De nombreuses paroisses et autres structures souhaitant faire découvrir ce texte à leurs membres, dont les églises protestantes. En ce moment la nature nous émerveille et nous comble de bienfaits : lumière, douceur des températures, éclosion des plantes et des couleurs, chants d’oiseaux…. autant de manifestations de l’amour de Dieu pour sa création. Jésus nous l’a annoncé : « je suis venu pour que vous ayez la vie en abondance. »
Pour que cette terre reste abondante et bienfaisante, il faut nous unir pour lutter contre le déni de la nocivité du plastique. Si certains faits sont connus, d’autres plus graves encore doivent être largement clarifiés et diffusés.
Nous connaissons l’invasion de ces polymères depuis les années 50 et la formation de ce 7e continent de déchets au nord-est de l’océan Pacifique, grand comme 4 fois la France. Mais aujourd’hui, les images sont trompeuses : les médias parlent de tri, de recyclage, de déchets visibles. Ce qui est moins connu, c’est le danger du plastique invisible, omniprésent, y compris dans notre corps, et qui nuit à notre santé. Car les plastiques, fabriqués par l’humain, ne se décomposent ni ne se désintègrent comme le verre ou le métal ; ils se fragmentent en micro et nano particules qui colonisent définitivement nos cellules (par l’inhalation et l’ingestion) et qui, dans l’environnement, durent des siècles ou des millénaires.
La bonne nouvelle, c’est que pour une fois, nous pouvons agir en réduisant notre consommation ! 40% du plastique étant utilisé par l’agriculture et l’agroalimentaire, il y a une marge de manœuvre… Comment faire ?
> Stopper ou réduire tous les plastiques à usage unique : sacs, yaourts et autres aliments emballés, boissons en bouteilles (eaux, sodas…), cosmétiques (emballages et composants), produits d’entretien (bidons de lessive…) ; vous pouvez même oublier les ballons gonflables d’anniversaire ! Utiliser des sacs en tissu, des bocaux consignés, choisir des aliments en vrac, des savons et shampoings solides, une gourde d’eau…
>Réduire ou stopper tous les autres plastiques car ils sont fabriqués à partir de pétrole, relarguent des micro-plastiques à l’usage et au lavage et sont difficilement recyclables : jouets, vaisselle et boîtes en plastique réutilisable, peintures, moquettes, mobilier, tabac, vêtements et accessoires synthétiques (notamment de sport, maillots, laines polaires). NB. Les filières de ces textiles détruisent aussi celles de textiles naturels biodégradables comme le lin ou la laine qui sont très longues à se reconstituer.
Vigilance ! Les lobbys du plastique & du pétrole sont actifs et agressifs. Ils ont bien essayé d’opposer le recyclage mais nous savons depuis déjà plusieurs années que c’est une nouvelle intox. Seuls 25% seulement de plastique sont recyclés et les procédés nécessitent beaucoup d’énergie, dont fossile. Les industries du pétrole ont besoin de créer des produits plastiques car ils représentent 20% de leur production, elles ne sont pas crédibles !
Il est donc nécessaire de veiller, rester dans la vérité, résister et persévérer ; nous serons plus forts en communautés d’églises vertes, en associations ; toutes les occasions sont bonnes pour informer et interpeler, gentiment mais sans relâche : auprès des commerçants, au travail, en famille, entre amis…
Pour en savoir plus :
- Documentaire Homo plasticus disponible jusqu’à fin juillet sur Arte.
- Emission France culture : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-science-cqfd/nathalie-gontard-peut-on-en-finir-avec-le-plastique-6283890
https://www.jesuites.com/fiche-ecojesuit-n18-vers-le-zero-plastique/