
Jérémie 29, 11-14
« Ainsi parle le SEIGNEUR : « Moi, je sais les projets que j’ai formés à votre sujet – oracle du SEIGNEUR –, projets de paix et non de malheur : je vais vous donner un avenir et une espérance. Vous m’invoquerez, vous irez vers moi vous m’adresserez vos prières, et moi, je vous exaucerai. Vous me rechercherez et vous me trouverez : vous me chercherez du fond de vous-mêmes, et je me laisserai trouver par vous – oracle du SEIGNEUR –, je vous restaurerai, je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les lieux où je vous ai dispersés – oracle du SEIGNEUR –, et je vous ramènerai à l’endroit d’où je vous ai déportés.
Message biblique
« Je vais vous donner un avenir et une espérance », dit le Seigneur par l’intermédiaire du prophète Jérémie.
Ces quelques mots ont été inscrits dans le hall du Centre pendant 12 mois. Je ne sais pas exactement combien de personnes passent tous les jours ici, mais à la fin du douzième mois, ça doit faire quelques milliers de passages… D’accord, reconnaissons que ce ne sont pas des passages uniques… mais tout de même, ça fait du monde. En tous cas, plus que sur notre page Facebook… pour le moment.
Quelques milliers de passages, et en fait de vies, qui reçoivent un message d’espérance, une promesse d’avenir. Comme un rappel incessant, une annonce qui s’entête et qui dans le contexte douloureux de notre monde revient dire l’engagement de Dieu pour nous ici, aujourd’hui.
Et ça fait du bien, quand autour de nous la guerre se prépare, quand un peu plus loin elle décime les peuples sans que nous trouvions les mots justes pour dire ce qui se passe, quand en Europe et en France notre société semble plus encline à dénoncer, à restreindre qu’à vivre la fraternité, pourtant inscrite sur tous les frontons de nos bâtiments publics, quand le changement climatique nous met 18 mois de grisaille et de pluie au-dessus de la tête… aussi…
Ca fait du bien et surtout je crois que ça dit quelque chose d’essentiel pour les croyants et les croyantes : tout ne dépend pas de nous, tout ne se limite pas à ce que les humains pensent ou font, souhaitent et construisent. Et c’est important de pas perdre de vue, que ces mots viennent de Dieu, pas de nous.
Il ne s’agit pas d’une promesse de campagne électorale, ou d’un slogan lancé en l’air et qui se dissout au moindre coup de vent. Il s’agit de la promesse de Dieu, toujours la même réitérée autant de fois que nécessaire… Elle débute avec Abraham qui se lamente de ne pas avoir d’enfant… et Dieu lui offre de percevoir l’étendue de sa descendance… une myriade d’étoiles… Elle se poursuit dans le désert… puis dans l’Exil… elle est répétée à chaque fois que nous avons l’impression d’être dans l’obscur de l’histoire, quand tout semble s’échapper sous nos pieds…
C’est une promesse qui semble liée à toute notre vie, à toute notre histoire humaine… elle l’accompagne. Elle dit que derrière nous, à comprendre derrière notre vie, notre temps de vie, il y a une suite. Après nous, il y a une suite. Après nous, ce n’est pas le déluge et tout ne s’arrête pas. Cette promesse commence par nous remettre à notre juste place : nous ne sommes pas le tout de l’histoire, on ne peut pas tout juger à l’aulne de nos vies, de nos engagements et de nos actions qu’elles soient porteuses de vie ou non. Quoiqu’il arrive, dit Dieu, il y a une suite.
Mais cette suite, elle n’est pas non plus découplée de nous. L’existence de la suite ne dépend pas de nous, mais elle donnera sens à notre histoire, à notre vie. Elle est descendance et pas seulement futur. Le futur, c’est le temps qui s’écoule. Il est impersonnel. Quand Dieu parle d’avenir, il parle de descendance, ce qui vient après, oui, mais d’un après qui révèle que nous avons été.
La descendance, l’avenir nous rend responsable de ce que nous vivons aujourd’hui. En rappelant la promesse de l’avenir, Dieu commence par nous dire que notre vie compte et que le présent est important. C’est aujourd’hui, où nous en sommes, qu’il vient nous rencontrer. Et ça, Dieu ne le remet jamais à demain. Parce que c’est aujourd’hui que nous vivons, c’est aujourd’hui qu’il est pour nous et avec nous.
Reste l’espérance ou le mouvement de la vie. Dieu ne dit pas exactement qu’elle est cette espérance. Il en donne les signes de reconnaissance, la paix, la justice, le bonheur… c’est beaucoup, oui, mais ce n’est pas très précis tout ça. Alors quoi ? Un espérance creuse ? Une espérance vide ? Ou plutôt une espérance à habiter comme nous sommes, chacun et chacune. Une espérance qui soit une dynamique, qui puisse se vivre maintenant, et qui ne soit pas remise à demain…
Car oui, je crois, que l’espérance, elle n’est pas pour la descendance ou pas seulement. Elle est déjà pour nous. L’espérance, c’est ce lien qui va unir à la suite, et qui nous unit à ce qui a précédé. L’espérance, c’est le moteur de la vie avec Dieu. Comprise de cette manière-là, l’espérance est accomplie quand il y a de la paix, de la justice… et elle s’entretient, elle demeure en mouvement… elle porte vers demain. Elle est accomplie et toujours à accomplir. Elle est déjà là et pas encore…
En inscrivant l’avenir et l’espérance dans le hall, c’est la dynamique d’une vie plus forte que tout qui a rencontré les cœurs de passage. Une dynamique vécue ici tous les jours, quand se croisent dans cette maison tant de chemins, tant d’histoires, de fois et de raisons… Une dynamique que le Centre porte depuis plus de 50 ans en posant dans notre présent des signes de paix, de justice… de dialogue ! Une espérance vécue donc ! Une espérance qui se réalise déjà…
Demain, nous ne savons pas de quoi il sera fait, mais aujourd’hui nous pouvons vivre ! Nous pouvons repérer et prendre soin des petits signes de paix… apprendre à nos enfants aussi à les repérer et à prendre soin…
Alors avec toutes les personnes de passage ici, avec les petits et les grands, les anciens et les plus jeunes, nous continuerons de vivre l’espérance et nous pourrons savourer le bonheur « pour des sœurs et des frères de demeurer ensemble ! »
Et puis, aussi, nous pourrons partager cette espérance… même sur les réseaux sociaux !
Amen