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Laissons Dieu nous ouvrir la route
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Texte de la prédication du 20 octobre 2024 par Gwenaël Boulet
Lecture
Josué 6 1-20
1 La ville de Jéricho avait soigneusement fermé toutes ses portes et s’était barricadée derrière, par peur des Israélites. Plus personne n’entrait ni ne sortait par ses portes.
2 L’Eternel dit alors à Josué : Regarde, je te livre Jéricho, son roi et tous ses guerriers.
3 Pendant six jours, toi et tous tes soldats vous ferez chaque jour le tour de la ville, une fois par jour.
4 Sept prêtres portant chacun un cor fait d’une corne de bélier précéderont le coffre de l’alliance. Le septième jour, vous ferez sept fois le tour de la ville, et les prêtres sonneront du cor.
5 Quand le peuple les entendra produire, avec leur cor, un son prolongé, tout le monde poussera un grand cri, et les remparts de la ville s’écrouleront sur place. Alors le peuple donnera l’assaut, chacun droit devant soi.
6 Josué, fils de Noun, convoqua les prêtres et leur dit : Chargez le coffre de l’alliance sur vos épaules et que sept d’entre vous prennent sept cors faits de cornes de béliers et marchent devant le coffre de l’Eternel.
7 Puis il dit au peuple : En avant : faites le tour de la ville, et que les hommes armés précèdent le coffre de l’Eternel.
8 Le peuple fit comme Josué l’avait ordonné : sept prêtres portant sept cors faits de cornes de béliers passèrent devant l’Eternel et se mirent à sonner de leur instrument tandis que le coffre de l’alliance suivait. 9 Les hommes armés les précédaient ; une arrière-garde suivait aussi le coffre ; ils marchaient au son du cor. 10 Josué avait donné cette consigne au peuple : « Pas de cri ! Restez muets ! Ne dites pas une parole jusqu’au jour où je vous ordonnerai de pousser des cris ! »
11 Le coffre de l’Eternel fit une fois le tour de la ville, puis tous rentrèrent au camp pour la nuit.
12 Le lendemain, Josué se leva de bon matin et les prêtres chargèrent le coffre de l’Eternel sur leurs épaules.
13 Sept prêtres, portant sept cors faits de cornes de béliers, se remirent en route devant le coffre de l’Eternel, en sonnant de leur instrument. L’avant-garde les précédait et l’arrière-garde suivait le coffre de l’Eternel ; ils marchaient au son des cors.
14 Ils refirent une fois le tour de la ville ce jour-là, avant de regagner le camp. Ils firent ainsi pendant six jours.
15 Le septième jour, ils se levèrent dès l’aurore et firent sept fois le tour de la ville de la même manière. C’est le seul jour où ils en firent sept fois le tour.
16 La septième fois, lorsque les prêtres sonnèrent du cor, Josué ordonna au peuple : Poussez des cris, car l’Eternel vous livre la ville !
17 La ville avec tout ce qu’elle contient sera vouée à l’Eternel ; seule Rahab, la prostituée, sera laissée en vie avec tous ceux qui se trouveront dans sa maison, car elle a caché les hommes que nous avions envoyés.
18 Mais attention ! Prenez bien garde à ce qui doit être voué à l’Eternel. Ne prenez rien de cela, sinon vous placeriez le camp d’Israël sous une sentence de destruction et vous lui attireriez le malheur.
19 Tout l’argent et l’or, tous les objets de bronze et de fer seront consacrés à l’Eternel et on les mettra dans son trésor.
20 On sonna donc du cor. Dès que le peuple l’entendit, il poussa un formidable cri, et le rempart s’écroula sur place. Aussitôt, les Israélites s’élancèrent à l’assaut de la ville, chacun droit devant soi, et ils s’en emparèrent.
Prédication
Dans la famille « petit peuple se retrouve dans des situations pas possibles », je voudrai le nouveau chef de troupe, Josué, fils de Noun ! Non, mais c’est vrai quoi… Voilà 40 ans, nous dit-on, que le peuple Hébreux marche dans le désert. 40 ans, qu’il est sorti d’Egypte. C’est long 40 ans, demandez voir aux ados, ce que qu’ils pensent des 40aires… En tous cas, suffisamment long, pour que tous ceux qui sont sortis d’Egypte soient morts. Donc 40 ans, que Moïse et les autres tournent en rond dans un désert. Et voilà que Josué prend la suite, qu’il fait traverser le Jourdain à tout le peuple… et on pourrait se dire, « ok, super, c’est fini. A eux le miel, et le lait… » C’était ce qui était promis.
Et bah non… pas tout de suite. Parce que le peuple, il a traversé le Jourdain face à Jéricho. Ah, ah la bonne blague. Il n’y avait pas d’autres passages plus simples peut-être ? Merci Dieu, d’avoir indiqué cette route…
Pour aller plus loin, il faut prendre la ville. Et tant qu’à faire, Jéricho ! Jéricho, dans l’imaginaire collectif, ce n’est pas n’importe quelle ville. C’est la ville ! L’une des plus ancienne du monde. Depuis 9000 ans avant le Christ, des humains y vivent. Depuis la pré-histoire et les tailleurs de silex, Jéricho, c’est « ze » place forte. Alors peu importe que visiblement, nous disent les archéologues, la ville n’était pas en super forme quand les Hébreux arrivèrent. Pour l’humanité, et les gens du Livre en particulier, Jéricho, c’est la forteresse, …, et pour les Hébreux, c’est la difficulté de plus… le problème qu’il va falloir régler pour profiter de la vie. Et oui, la vie n’est pas un long fleuve tranquille 😉
Et voilà que le peuple qui a tourné en rond pendant 40 ans dans un désert va se remettre à tourner en rond, mais autour d’une ville. Vous la voyez l’image ? Les pieds dans la poussière, le coffre de l’alliance, les hommes qui sonnent dans des cornes de bélier… et qui ne disent pas un mot… et ils tournent une fois par jour…. Un jour, deux jours, …, six jours…
Ils tournent parce que Dieu leur demande de le faire. Ils tournent autour du problème. Autour de ce qui parait infranchissable, autour de ce qui bloque, de ce qui empêche la vie de se réaliser.
Face à un problème, une situation qui parait vraiment compliquée, je ne sais pas trop comment vous faites ? Vous vous arrêtez devant et vous restez figés de peur ? Ou alors vous avancez sans réfléchir et vous vous retrouvez engluer dans le problème, à tourner en rond dedans, au risque d’y être enfermé ? Ou alors vous l’évitez, mais très vite il sera à vos trousses et la peur ne vous quittera jamais vraiment ? Ou encore, vous faites comme les Hébreux et le Seigneur, vous faites le tour du problème ?
Et si, ce passage qui raconte le siège de Jéricho, c’était un enseignement de Dieu. Un clin d’œil à son peuple pour lui apprendre encore quelque chose, lui donner des billes pour qu’il puisse passer réellement à la suite ? Si Jéricho, c’était le verrou à faire sauter pour vivre libre ?
Si Jéricho, c’était le symbole de nos galères, de nos peurs, de ce qui nous empêche d’aller de l’avant… de grandir aussi. La vieille forteresse imprenable de la peur, la citadelle de la tristesse, la cité de l’hostilité ?
Oui, si Jéricho c’était cela… alors… que découvrons-nous en suivant les Hébreux, nos anciens qui marchent avec Dieu ?
Nous découvrons peut-être que Dieu ne nous met pas en route pour rester à l’orée de la promesse. Oui, être croyant, ce n’est pas toujours simple. La foi n’est pas un chemin tout droit, qui trace… Oui, ce chemin laisse des traces en nous, à défaut de pouvoir laisser toujours des empreintes dans le sable du désert. Mais être croyant, c’est aller avec Dieu. Sortir pour aller vers la liberté comme les Hébreux.
La liberté n’est pas simple à vivre. Elle impose des choix, elle nous demande du courage… Les croyants comme tous les autres sont face à leur peur et connaissent des écueils. Et pour eux aussi, pour nous aussi, il y a des situations qui se dressent devant nous comme les murailles de Jéricho.
Mais c’est là, peut-être, …, sûrement, que les croyants ont un truc en plus. Dieu et l’expérience des Anciens, qui est écrite dans la Bible, dans cette partie que nous appelons, nous chrétiens, Ancien ou Premier Testament.
Ce n’est pas seuls que les Hébreux vont pouvoir faire tomber la forteresse. Et ce n’est pas par leur propre force. Ils vont y aller tous ensemble. Le peuple est uni. « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin… » La difficulté se vit dans l’unité, dans la fraternité. Il y a quelque chose de puissant dans ces pas qui avancent ensemble, en cortège, et que rythment les cornes de bélier, les instruments utilisés pour la prière. Les humains ne parlent pas… pas un mot… Le silence des humains laisse la place à la relation avec Dieu. C’est la voix des instruments sacrés qui parle, nous dit le texte en hébreu. La voix des cors…
Et Dieu est là. Sa présence est symbolisée dans cette arche qui renferme les 10 paroles. Tu n’auras pas d’autre dieu, …., tu ne jalouseras pas… Il est là parmi le peuple qui avance. Pas tout à fait à la tête… les cors l’annoncent. Et comme il n’est pas tout à fait en tête, il se rapproche du peuple.
Dans nos difficultés, il est là notre Dieu pour marcher avec nous, un ou deux pas devant et ouvrir la route. Il est là et il ne nous laisse pas seul. Il est le Dieu du combat de nos peurs, de nos doutes, de nos lassitudes.
Ca prend du temps… 6 jours… 6 jours à refaire la même chose. A suivre les prêtres, l’arche, à marcher en silence…. à tourner autour de la ville… à « emmurailler » les murailles… 6 jours, patience… encore des respirations à prendre, 6 jours… comme les 6 jours de la Création… Et puis le 7ème jour, tout s’accomplit.
La voix des hommes enfin va retentir ! Une clameur, un cri indistinct. Un cri contenu qui explose… ils n’ont pas râlé, eux les enfants de la seconde génération. Ils ne se sont pas révoltés comme leurs pères au désert… pas de veau d’or… pas de « Dieu nous a abandonnés… », pas de « retournons en arrière… » Ils ont tenu le silence dans la confiance, alors Dieu leur donne voix. Ils crient et dans ce cri, ce qui les bloquait s’écroule sur place.
La confiance en Dieu montre sa beauté et sa force : Jésus dira plus tard que celui qui a la foi comme un grain de moutarde pourra déplacer des montagnes… Ici, nous pouvons dire que ceux qui ont la foi peuvent par un cri faire s’écrouler les citadelles les plus anciennes, les plus tenaces. Un cri porté et préparé par 6 jours de prière communautaire, en silence et en marche…
Ils ne prendront rien de la ville. Dieu l’interdit. L’orgueil n’est pas de mise, la gloriole se vantant d’or et d’argent serait dangereuse… C’est Dieu qui récolte le tribut. A Dieu la reconnaissance, la louange, le trésor. A l’humain, le chemin de la liberté sans poids, sans entrave.
Quand ce qui bloquait s’écroule, la vie est là à portée de regard… Le chemin en terre promise s’ouvre pour les Hébreux, comme la vie s’ouvre à nous. Une vie devant nous… comme l’arche de l’alliance dans la procession… promesse !
L’arche qui allait en avant, contenait 10 paroles de Dieu… 10 paroles que le français rend ambiguës… Tu n’auras pas d’autres dieux, tu ne tueras pas… Trop souvent nous entendons des impératifs, des ordres… et d’ailleurs nous disons commandements, où l’hébreu dit paroles… dans la bouche des Anciens, dans le texte écrit… ce ne sont pas des impératifs… mais des choses inaccomplies… « à venir »… en suspens.
Un jour, dans le désert de nos vies, Dieu nous dit « un jour, tu n’auras pas d’autres dieux, un jour tu ne tueras point… un jour, tu ne jalouseras pas… » Et ce jour, c’est peut-être, quand la promesse devient réelle, quand les Hébreux entrent pour de bon en Canaan… ou quand comme croyant nous entrons dans une vie qui a pris le temps avec Dieu de faire le tour des obstacles pour les faire s’écrouler. Alors oui, quand la peur n’est plus là, quand la puissance de l’autre ne pèse plus sur nous, nous pouvons tout vivre… alors oui, pour nous aussi cela devient possible !
Et si d’aventure des fois, nous bloquons de nouveau devant une forteresse ! Répétons ce que nous avons appris… patiemment avec nos frères et sœurs, laissons Dieu nous ouvrir la route pour la faire tomber cette forteresse. Remettons la promesse devant nous… Suivons-là quand nous n’arrivons pas à la vivre…
Une chose après l’autre ! Patience et espérance !
Pas après pas… Aussi petit que soyons et quoiqu’il arrive, Dieu est là avec nous… avec vous… déjà… aujourd’hui !
Amen