
Soyons comme des enfants
Lecture : Marc 10 :13-16
Des gens lui amenaient des petits enfants afin qu’il les touche, mais les disciples leur firent des reproches. Voyant cela, Jésus fut indigné et leur dit : « Laissez les petits enfants venir à moi et ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité°: celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas. » Puis il les prit dans ses bras et les bénit en posant les mains sur eux.
Prédication :
Les gens qui amènent les enfants à Jésus, peut-être des parents, que cherchent-ils ?
Ils désirent peut-être qu’il fasse un geste de protection. C’était une coutume à l’époque de demander aux rabbins de bénir les enfants.
Les disciples leur font des reproches. Ils ont bien retenu la leçon : Jésus a déjà refusé des signes qu’on lui demandait et ils ne veulent pas que leur maître soit réduit à un donneur de bénédictions.
Cependant les disciples auraient pu se souvenir de ce qu’avait dit Jésus au chapitre précédent en prenant un enfant dans ses bras : « Celui qui accueille en mon nom un de ces petits enfants, c’est moi-même qu’il accueille, et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais celui qui m’a envoyé.» (Marc 9 :37)
Jésus est indigné. Ce n’est pas la première fois que Jésus est indigné. Il a déjà été indigné quand on lui demandait des signes. Rappelez-vous, quand les pharisiens demandent à Jésus s’il peut guérir un malade le jour du sabbat.
Mais là la demande est très différente. Alors que les pharisiens se présentent comme des maîtres avec toute la connaissance et l’expérience, qui savent ce qui est juste et ce qui est faux et souhaitent juste piéger Jésus, il s’agit ici de bénir des enfants, ceux qui représentent les petits de ce monde, les « sans valeur ».
Les enfants, à l’image des filles de François, ce sont aussi ceux qui posent des questions, beaucoup de questions même, et c’est ainsi qu’ils grandissent ! Nous les grands, nous sommes parfois bien embêtés pour répondre, comme avec les questions de Flore.
Dans une pièce de théâtre, Eric Emmanuel Schmidt imagine cet échange entre le psychanalyste Freud et sa fille. Freud : « Les enfants sont spontanément philosophes, ils posent des questions ». Sa fille Anna : « Et les adultes ? ». Freud : les adultes sont spontanément idiots, ils répondent »
« Le royaume des cieux appartient à ceux qui ressemblent à des enfants » dit Jésus à ses disciples. Et si le royaume appartenait à ceux qui, comme l’enfant, se pose des questions ? À ceux qui sont curieux, qui veulent savoir° ? Et si, « recevoir le royaume comme un enfant » aujourd’hui déjà, c’était se laisser interpeller par des questions dont les réponses n’appartiennent pas à nous seuls ?
Au début de ce culte, nous avons réfléchi à la question, « dialoguer, dans ma vie, pour quoi faire ? Dans nos échanges avec les autres, avons-nous surtout des réponses à donner, des vérités à partager tels des pharisiens ? Ou alors sommes-nous à l‘écoute, prêts à nous laisser interpeller, à grandir en étant curieux comme des enfants ?
A quoi sommes-nous appelés ? A être comme ces enfants qui reçoivent et grandissent ? A être comme ces disciples, appelés à accueillir les enfants ?
Quoi qu’il en soit, je coirs fermement que Dieu est présent dans ces moments de partage. Alors soyons prêts à l’accueillir, à nous laisser transformer par sa Parole de vie !
Amen