Ensemble N° 62 Billet biblique LIRE C’EST VIVRE

«Ensemble», le journal de l’Église Protestante Unie d’Argenteuil, Asnières, Bois-Colombes, Colombes

La Bible : Dieu, l’humanité et la bibliothèque

Du Premier au Nouveau Testament, la Bible est reconnue comme l’une des plus anciennes bibliothèques de l’humanité. Selon les traditions, elle rassemble de 22 à 81 livres. 22 dans le décompte hébraïque, qui regroupe plusieurs livres sur un même rouleau, 66 pour les protestants, jusqu’à 81 dans les traditions éthiopiennes.

Oui, la Bible est une bibliothèque : avec des mythes (Création, Noé, Babel…), des récits historiques mâtinés d’épopée ou d’héroïsme (les récits narrant l’Exode ou l’installation en terre de Canaan), des contes ou courts romans (Ruth), des poèmes et des chants (Psaumes), des biographies (Evangiles), une littérature épistolaire (lettres du NT), des récits qui font appel aux codes de la science-fiction (Daniel, Apocalypse) et même une littérature amoureuse (Cantique des Cantiques).

Depuis des siècles, des millénaires, certains enfants apprennent à lire dans la Bible, y découvrant la richesse d’une littérature d’une telle diversité.

On peut lire la Bible comme on lit un livre qui nous fait plonger dans les racines d’une civilisation du blé née et ayant grandi quelque part entre le Croissant fertile de Mésopotamie et le delta du Nil. On y suit alors l’histoire d’un petit peuple nomade qui se sédentarise tardivement. On y entend les échos d’une « littérature » orale transmise à la source d’une oasis ou pendant les heures de marche. On découvre les traces d’un Alexandre le Grand étendant son empire de la Macédoine aux confins de l’Inde. On lit l’occupation romaine du bassin méditerranéen avant qu’elle ne s’aventure plus au Nord et à l’Ouest. Nul besoin de croire en Dieu pour lire la Bible !

Mais pour la personne qui croit, l’aventure biblique prend une autre envergure. S’y invite jusque dans les creux du texte, la rencontre avec Dieu. Pas seulement l’histoire racontée de Dieu et d’un peuple. S’invite l’histoire personnelle, entre Dieu et le lecteur, la lectrice. Comme un souffle qui vient déranger un peu les mots et les récits et qui y met de la vie, de l’interrogation. Passager qui se révèle dans l’aventure de la lecture, dans l’abîme de la recherche.

Alors la succession de lettres, de phrases écrites nous emmène ailleurs. Elles s’échappent du papier qui les avait figées et redeviennent Parole vivante. Elles retrouvent leur liberté en se racontant, en autorisant d’autres histoires à venir.

Et finalement la Bible est une bibliothèque que Dieu appelle à devenir discussion ! (Luc 24, Emmaüs)

Pasteure Gwenaël Boulet

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